Meurtriers, j'ai dit !
Et j'ai toujours pas trouvé comment grossir mes titres, shame on me !
Après une jolie conversation téléphonique avec mon sultan préféré (harem et or noir sous forme de
champignons), où comme toujours sont revenues sur le tapis les activités des SEL, force m'a été de répondre à nouveau " Toujours aussi dégoûtée". L'envie m'a fuie quand je me suis trouvée
confrontée à des attitudes que je trouvais incompatibles avec l'idée que je me faisais - et que je me fais toujours ! - d'un monde de partage. Et en trois ans, je n'ai pas su retrouver un élan
qui me ramène au sein de cet idéal écroulé.
Cet article sera-t-il le dernier de mon blog, ou bien trouverai-je de quoi rebondir ? Car j'y pense souvent, au SEL de Sisteron,
au Sel de Château (Arnoul(x), vous avez dit Arnoul(x) ?), à toutes ces expériences dont certaines furent tellement bonnes. Et puis au reste, le moins bon, le beaucoup moins bon.
C'est ce moins bon que je voudrais exprimer, en essayant de pas trop pisser le vinaigre, et peut-être pour pouvoir lire quelques réactions qui, éventuellement,
m'aideraient, va savoir. Peut-être que ce blog en sommeil se réveillera chez ceux qui aimaient venir le lire ? Car cette rupture me laisse un goût amer d'inachevé, comme dirait
l'autre.
D'abord, peut-être, parler du refus de la liberté d'expression, orale, écrite, mais également
manifestée - par des idées, des attitudes ou des engagements qui ne vont pas forcément tous dans le sens imposé. Je dis "imposé" car c'est ce que j'ai ressenti de la part de certaines personnes,
bien entendu "meneuses" du projet. Y a de la lutte pour le pouvoir, pour imposer ses vues, en haut du panier ; et rien que pour ça, j'ai tourné les talons. Me confronter ? J'ai essayé, un peu. A
peine. Je ne suis pas du genre combattif, plutôt fuyarde. Dont acte. Sauf que la fuite laisse un arrière-goût... Heu... Amer ? D'inachevé ? Ah ! Ah ! Ah !
Pour dire vite, quand on n'est pas d'accord, on n'a pas la place ni le droit d'exprimer son sentiment, sous peine de se faire
jeter assez méchamment. On va faire un petit détour par une case déjà cochée : la case "sensible". Aux SELs, rares sont ceux qui n'ont pas un besoin de reconnaissance assez exacerbé. J'en fais
partie. J'imagine que c'est un corollaire aux situations de recherche d'un monde meilleur : forcément ça sous-entend qu'on n'est pas bien dans le monde tel qu'il est, qu'on n'y trouve pas sa
place. Non ? En font partie au même titre et peut-être bien davantage encore, les meneurs, ceux qui organisent, qui expriment, qui paraissent. Sauf qu'ils ne l'admettent jamais. Ils sont
"engagés" "sincères", "à fond", ils se donnent (et c'est vrai !), tellement qu'ils font de qui ne partage pas exactement leurs élans un taureau dans l'arène. A mort ! Et surtout, cachez ces
oreilles que je ne saurais voir.
Ce qui m'amène à la deuxième raison, ce besoin de paraître qui m'insupporte pas mal. Est-il besoin
de s'étaler ? Toujours les mêmes sur les photos, toujours là où il faut quand on parle des SELs, toujours les mêmes, les meneurs, tous avec un titre bien ronflant genre "Président". Au rapport
mon commandant. Comment tu me trouves, dis ?
Pourquoi ça m'insupporte ? Bonne question. Ben ça va pas non plus avec mon idéal de partage. Il faut des meneurs ? Oui, bien sûr, et ils sont rares, hélas.
En même temps, s'ils étaient plus nombreux, je vous dis pas le carnage. Directement inspiré du parti socialiste version 2008. A moins que ce soit le parti socialiste qui se soit inspiré des SELs
? L'acmé.
La morale de l'histoire ? Elle est toute bête : je ne trouve pas ma place. Je
ne veux pas me ranger sous une bannière. Je veux pouvoir garder ma liberté. Les SELs sont une aire de non-liberté et de course au pouvoir et au paraître exactement comme dans cette société qu'ils
sont censés changer. Et c'est bien là où le bât (me) blesse encore et toujours, m'empêchant de me réatteler à un idéal qui pourtant m'importe toujours autant.
Qui me répondra ? Se souvient-on encore de moi ? Qui vivra verra...
De Pessac en Provence
(Tout de suite je recopie le titre pour lui donner l'allure d'un vrai titre, c'est tout ce que j'ai trouvé vu que chuis pas une ace de la mise en page sur blogue) (Hein, quoi ? Y a des fôtes ? Banon !!!) (Private joke...)
Nous en étions restés que nous partîmes pour Pessac,
A propos de brebis, invitée par Élisabeth et Roland, je garderai le souvenir indélébile d'un ragoût immonde mais d'une soirée superbe dans la vallée du Jabron, à regarder et écouter Hombeline et son accordéoniste nous chanter la Provence en Occitan. C'était beau, c'était pur, aussi beau et aussi pur que peut l'être notre ciel provençal. Mais j'anticipe...
De Pessac, je garderai surtout cette impression très réconfortante qu'il y a des mairies qui s'impliquent dans la solidarité, et des gens formidables qui donnent tout pour que notre société ne perde pas de vue qu'un homme est un frère et que chacun doit pouvoir faire face et se faire face sans honte et sans misère. Il n'y a pas eu que des beaux discours. Certaines expériences bien concrètes ont été présentées, qui m'ont littéralement scotchée. Et puis, le cœur, et puis, le sens de la communauté... Côté convivial et festif, c'était... c'était... grand. Bien. Super. Très très chouette. J'ai rapporté de
Nous nous en sommes retournées. Les jours ont passé.
C'était à la mi-octobre bien sonnée, vite est arrivé novembre, et avec novembre mon anniversaire. Un anniversaire qui a duré le mois entier, et qui a commencé avec le passage de mon tendre associé, mon cher Daniel, douce visite en montagnes russes comme il se doit, mais qui a fait de ce rendez-vous annuel avec le temps qui passe un premier moment magique, peut-être le plus magique de tous mes anniversaires. En tout cas le moins attendu, l’inimaginé… Quelques jours plus tard, Élisa et Roland arrivaient, et pour moi ce petit séjour fut un cadeau supplémentaire tant il fut délicieux. Aurais-je pu, en août, penser que les rencontres de Gap contribueraient à me faire le plus bel anniversaire qui se puisse rêver ?
Hé ! j'ai dit Du côté de Pessac (je voudrais que ce soit encore plus gros, mais je savions point comment faire... Pis surtout, c'était le titre, que je voulais... imposant, quoi. Mais alors là, il est ridiculement minuscule, c'est d'un naze...)
Roro et Zabé comme si qu'on y était
Ah bé tiens ! Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas manifestée autrement que pour sortir trois bêtises dans les commentaires, histoire de donner un peu de grain à moudre à notre défunt costello (Amour ait son âme) (hé, j'ai pas dit hait son âme, hein...)
Bon, alors, l'objet du jour, c'est qu'on s'en va bientôt partir pour Pessac, et que ça me réjouit grandement pour moultes raisons que je ne citerai pas toutes en public. Les moultes raisons sont quand même, pour la plupart, d'ordre selien. Ou seliste. Du SEL, quoi.
On, c'est la Jacotte (toujours ma présidente, à qui je viens de raccrocher au nez, je crains des tensions), Georgette (la spécialiste d'épisel, présidente du Point Rencontre à Chateau-Arnoux) et votre servitrice qu'a rien à foutre là-bas - je veux dire, côté parlotte, mouiller la chemise - et tout à écouter, très perplexe que je suis encore avec ce projet de remettre en route le SEL de Laragne (Hautes-Alpes), et toutes les difficultés et dérives que nous avions évoquées lors de notre réunion intersel PACA de juin. Ou de mai, chais plus.
Les dérives, c'était, en gros, qu'"on" glisse mollement dans les à-côtés et qu'on en oublie que les SEL c'est d'abord une proposition d'alternative économique, qui demande qu'on s'implique et qu'on réfléchisse, et non pas qu'on vienne profiter d'une opportunité de surconsommation à l'oeil, convivialité en plus, ce qui paraît beaucoup plus attrayant que de s'efforcer de changer des comportements bien ancrés et souvent fondés sur la frustration. Donc pas toujours très conscients.
Comment innover ? Est-ce possible ? A-t-on le droit d'avoir des exigences, du genre ne restent membres que ceux qui s'impliquent réellement, viennent aux réunions, participent à la réflexion, se donnent la peine de remplir leurs engagements et ne prennent que ceux qu'ils savent pouvoir tenir... On cite souvent comme une gloire le nombre de familles qui font partie de chaque SEL, mais la réussite est-elle dans le nombre ou dans ce que le SEL apporte réellement à la communauté en termes de changement et d'alternative ?
A Paris, j'ai vraiment apprécié les services dont j'ai pu bénéficier quand j'en avais besoin. Nous étions très nombreux, le catalogue était extrêmement fourni, tout ce dont je pouvais avoir besoin je le trouvais. Ici, à Château, à Laragne, à Sisteron, c'est très différent. A Château, il y a tout un aspect social qui prédomine et qui est très sympathique. Mais à Château, le SEL est un des moyens du Point Rencontre et que serait-il sans le Point Rencontre ?
Mon expérience des échanges est... lassante. Toujours les mêmes choses, toujours les mêmes comportements... Même les services, ça va un peu, mais on n'est pas forcément disponible au moment où c'est nécessaire (moi, c'est le dépannage informatique, parfois, c'est le cauchemar). J'essaie autant que faire se peut d'initier au maximum toutes les personnes que j'aide, mais j'ai le sentiment que c'est tellement plus simple de m'appeler pour que je résolve les problèmes quand ils se posent. Et re les mêmes manips qu'on a déjà faites maintes fois, je finis par péter les plombs. Et par raccrocher au nez de ma chère Jacqueline, qui se donne corps et âme pour le SEL mais qui pas plus que les autres ne cultive son autonomie... (je sens que je vais me faire zigouiller, là...)
Bref. Pessac, mon espoir. Le programme a l'air passionnant, ça me ravit. Prochain épisode : Pessac, le retour ? Ben... ça m'étonnerait que j'aie le temps avant longtemps, because dans la foulée, je file passer 10 jours à Paris. Ca me fera digérer...
à la femme fatale** de l’InterSEL 2005,
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Toutes celles qui sont allées à la pêche et sont revenues bredouilles pourront chanter en chœur avec elle cette chanson nouvelle que je lui dédie.
Olivier Deschamps
Petite soeur compatissante,
Tu te feras mignonne et tendre
Quand tous deux, le long des sentes,
Nous marcherons main dans la main.
Tu sais, mon cœur n’est plus à prendre.
Je sais, ton cœur n’est pas à vendre.
Mais tu m’apaiseras demain.
Car tu sais mieux que quiconque
Epancher mes envies pressantes
De me confier. Tu seras donc
Mon médecin, ma confidente.
Tous ceux qui n’ont rien compris,
Diront en chœur : « Il s’est fait prendre ;
Vous voyez bien : il est épris. »
Avec ma tendresse SEL’idaire,
Olivier D.
un hasard complet...le choix de la photo ...Merci à toutes . et aux illustres...de ce monde.
**Femme fatale : définition du Robert ....Qui séduit et perd les hommes.
Alors attention en 2006 à Amiens...!
Et en 2007 à Amange dans le Jura du 20 au 26 août...
La Jacotte, même qu'elle est notre présidente, elle m'avait dit : "Tu vas voir, c'est vachement motivant, les journées nationales, tu repars de là gonflée à bloc...".
Tellement convaincante, la cocotte, que j'ai accepté de m'investir, ce qui était pas gagné d'avance car moi, la vie de groupe, c'est vraiment pas mon truc.
Pour tout vous confier, à la mi-parcours (disons à la fin de la deuxième journée), j'étais plutôt morose. J'ai chopé Jacqueline à un coin de couloir pour passer mes nerfs, histoire de lui faire payer ses racontars : je trouvais l'ambiance méchamment plombée, je m'étais moi-même pris une répartie de Jean-Paul que je trouvais inacceptable (c'est con, hein, il m'a juste dit " On parle pas la bouche pleine ". Comme ça, ça prête à sourire, mais le ton !!! C'est qu'il rigolait pas du tout, le chéri !), et j'en avais entendu d'autres de lui qui m'avaient foutue hors de moi. Je peux pas accepter qu'on nous prenne pour des mômes, et même à un môme j'aurais bien du mal à admettre qu'on puisse s'adresser ainsi à lui. Bref. Le dimanche soir, abattue, déconfite, je ne suis même pas allée à la BLE : chuis rentrée chez moi, tergiversant à mort pour retourner à Gap le lendemain ou pas.
Mais je me serais trouvée déloyale envers certaines personnes si j'avais tourné casaque. Alors je me suis un peu forcée, le lundi matin, et j'ai repris le chemin de l'abattoir (allez, j'exagère, c'était pas à ce point...). En plus, je voyais bien que j'étais en train de confondre les difficultés de communication de JPD et le but des journées, leur raison d'être. A peine arrivée, je croise Jean-Paul tout sourire qui m'annonce qu'il a donné sa démission. J'en profite pour lui placer que ma foi, il dépassait par moment largement les bornes, mais me sens quand même très solidaire, parce que sa position est extrêmement difficile et jamais, pour ma part, je ne me serais mouillée comme il l'a fait. Et puis, forcémment, se faire remettre en cause, ça fragilise.
De toute évidence, Jean-Paul avait pris la décision qu'il fallait. Je l'ai ressenti comme un grand respir, une nécessaire bouffée d'oxygène. Et les 2 derniers jours (les 3, même, si on compte le mercredi) plus rien n'a fait obstacle à mon bonheur.
Dix jours ont passé, et force m'est de constater à quel point Jacqueline avait raison. Je me sens bien plus motivée que je ne l'étais, bien plus impliquée. Je réfléchis beaucoup, j'ai envie de m'investir davantage. Par conviction, par idéal. Et du coup, j'ai très envie de remercier Jean-Paul, parce que, si j'ai bien compris, sans lui ces journées n'auraient pas eu lieu. Hé ben moi je lui dis " Chapeau ! " et un grand merci du fond du coeur.
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